Un tarif dynamique (souvent appelé contrat dynamique) suit le marché de gros : le prix de l’électricité est calculé heure par heure (et tend vers le quart d’heure), sur base d’une formule contractuelle (indice + marge). C’est puissant… si vous comprenez le calcul réel et vos leviers de pilotage.
- AMR : relevés quart-horaires et prix qui suivent le marché (horaire → quart-horaire).
- Calcul réel : pas une moyenne – on additionne chaque pas de temps, avec parfois des prix négatifs.
- Levier clé : EMS + flexibilité (déplacement de charges, batterie, process, froid, recharge…).
1. Tarif dynamique : définition simple (et pourquoi c’est “pro”)
Un tarif dynamique est un tarif où le prix de l’électricité que vous achetez (hors transport, distribution et taxes) suit les prix du marché de gros. Concrètement : on applique une formule à chaque pas de temps (historiquement horaire, et progressivement quart-horaire), puis on additionne le tout sur la période de facturation.
Pour qui c’est pertinent ?
Le tarif dynamique devient intéressant quand votre entreprise a au moins un de ces leviers : flexibilité (déplacer des consommations), batterie, pilotage (EMS), process modulables (froid, pompes, HVAC, recharge…), ou une équipe qui suit la performance. Sans pilotage, la volatilité peut rendre le budget difficile à maîtriser.
À lire aussi (si utile) : contrat variable indexé, contrat fixe, contrat Click / multi-Click.
2. Compteur AMR : relevé quart-horaire, prix qui passe de l’horaire au quart-horaire
Un compteur AMR mesure votre consommation en quart d’heure. Les prix du marché utilisés dans les contrats ont longtemps été horaires, mais la tarification quart-horaire se développe pour refléter plus fidèlement la réalité du système électrique.
- Les relevés AMR sont toujours quart-horaires (mesure).
- Ce sont les prix qui passent progressivement de l’horaire au quart-horaire (tarification).
- Le coût final dépend de la combinaison : votre profil × les prix × votre formule.
Sur une même journée, les prix peuvent être très variables — parfois très élevés, parfois très bas, et il arrive qu’ils soient négatifs sur le marché. Le point clé : on ne raisonne pas en “moyenne” : on additionne des pas de temps, et certains pas coûtent beaucoup plus cher que d’autres.
3. Calcul réel : formule + addition pas à pas (heure / quart d’heure)
Dans un contrat dynamique, la formule contractuelle relie l’indice de marché à votre prix. Exemple typique :
Formule type (électricité)
Le fournisseur n’invente pas un prix : il applique la formule à chaque pas de temps.
Prix_énergie(t) = Indice_spot(t) × coefficient + prime (€/MWh)
Exemple : EPEX Spot × 1,05 + 13 €/MWh (illustration).
Le coût énergie de la période se calcule en additionnant chaque pas :
Coût_total = Σ [ Volume(t) × Prix_énergie(t) ]
Important : les prix négatifs existent sur le marché, mais la prime et le coefficient font que le prix “facturé” reste souvent positif (ou moins négatif). Tout dépend de la formule.
4. Exemples concrets : pics, prix négatifs, et profil de consommation
Illustrations simplifiées (pédagogiques). En réel, on traite tous les pas de temps du mois (heures ou quarts d’heure).
Exemple A – Site pro AMR : 4 pas de temps représentatifs
Formule illustrée : EPEX Spot(t) × 1,05 + 13 €/MWh.
| Pas de temps | Indice spot (€/MWh) | Prix appliqué (€/MWh) | Volume (MWh) | Coût énergie (€) |
|---|---|---|---|---|
| 02:00–03:00 | -10 | -10 × 1,05 + 13 = 2,5 | 3 | 7,5 |
| 11:00–12:00 | 60 | 60 × 1,05 + 13 = 76 | 6 | 456 |
| 18:00–19:00 | 140 | 140 × 1,05 + 13 = 160 | 8 | 1 280 |
| 22:00–23:00 | 30 | 30 × 1,05 + 13 = 44,5 | 4 | 178 |
| Total (sur ces 4 pas) | 1 921,5 | |||
Le message clé : même s’il existe des heures négatives, si vous ne consommez pas à ces moments, l’impact est faible. À l’inverse, quelques heures de pic avec beaucoup de volume “pèsent” très lourd.
5. Le vrai levier “pro” : EMS & pilotage de la flexibilité
Un EMS (Energy Management System) aide à piloter les consommations en fonction de signaux (prix spot, production PV, contraintes process). Sur un tarif dynamique, l’EMS transforme le contrat en outil d’optimisation : vous consommez davantage quand c’est avantageux, et vous évitez les pics.
Exemples de leviers concrets
- Froid / HVAC : pré-refroidissement / préchauffage sur pas bon marché.
- Batterie : charge sur creux, décharge sur pics (si économiquement pertinent).
- Recharge (flotte, chariots) : décalage intelligent.
- Process : planification de lots / cycles non critiques.
Voir aussi : Système de gestion énergétique (EMS).
6. Ce qu’il faut vérifier dans votre contrat dynamique
Indice exact
Quel indice spot est utilisé (et sur quel pas de temps) ? Demandez le libellé précis et la source de publication.
Structure de marge
Coefficient, prime en €/MWh, frais annexes : identifiez où se situe la marge (et si elle est plafonnée).
Pas de temps de facturation
Le prix est-il appliqué à l’heure ou au quart d’heure ? Comment se fait l’arrondi ? (important sur pics).
Règles “pro”
Clauses de volume, pénalités, modalités de facturation, indexation, et options (ex. passage en fixe, Click…).
Point clé : AMR ≠ “prix mensuel”
Un compteur AMR peut avoir un contrat facturé “au mois”, mais si c’est un tarif dynamique, le calcul du prix énergie se fait pas à pas (heures / quarts d’heure). À l’inverse, un contrat variable mensuel / trimestriel n’a pas de sens “heure par heure”.
7. Différence avec un variable mensuel / trimestriel (YMR / MMR)
AMR (dynamique)
- mesure : quart-horaire ;
- prix : horaire → quart-horaire ;
- calcul : addition pas à pas ;
- levier : flexibilité + EMS.
YMR / MMR (variable indexé)
- prix : mensuel ou trimestriel (pas horaire) ;
- YMR : répartition mensuelle via profil (sur vos kWh jour/nuit) ;
- MMR : relevé mensuel → pas besoin de reconstitution par profil ;
- levier : moins “pilotable”, mais dépend fortement de l’indice et de la marge.
Pour comprendre le variable indexé (hors dynamique) : contrat variable.
8. Faire analyser votre tarif dynamique (audit pro)
Sur base d’une facture récente et de vos informations compteur, on peut vérifier si : la formule est cohérente, la marge est compétitive, et si un pilotage (EMS) rend le contrat réellement avantageux pour votre site.
- type de compteur et sites concernés (AMR) ;
- formule complète (indice + coefficient + prime + frais) ;
- volumes et contraintes opérationnelles ;
- potentiel de flexibilité (process, froid, batterie, PV…).
9. Huit questions à poser avant de signer un contrat dynamique
1) Quel indice exact est utilisé et où est-il publié ?
Demandez le nom précis de l’indice spot et la source de référence (pas de formulation vague).
2) Le prix est-il appliqué à l’heure ou au quart d’heure ?
Vérifiez le pas de temps, les arrondis et la règle de conversion sur les données AMR.
3) Où se situe la marge : coefficient, prime, frais fixes ?
Faites détailler le coefficient, la prime en €/MWh, et tout coût additionnel.
4) Y a-t-il un mécanisme de plafonnement / protection ?
Certains contrats prévoient des garde-fous (rare) : utile pour la gestion budgétaire.
5) Comment sont traités les prix négatifs ?
Demandez l’impact contractuel : certains éléments peuvent limiter l’effet des heures négatives.
6) Quelles clauses en cas de variation de volume ?
Extension/réduction d’activité, PV, batterie : vérifiez pénalités, volumes minimum, flexibilité.
7) Qui pilote et à quelle fréquence ?
Sans pilotage, vous subissez le marché. Clarifiez la gouvernance interne / externe (EMS, conseiller).
8) Quelles alternatives si le marché devient défavorable ?
Options de passage en fixe, Click, renégociation, échéances : anticipez avant de signer.
10. FAQ – tarif dynamique pour entreprise
Un tarif dynamique est-il forcément moins cher ?
Non. Il devient intéressant quand vous avez de la flexibilité et/ou un pilotage (EMS) et que la marge est compétitive. Sans leviers, la volatilité peut dégrader le budget.
Est-ce réservé aux gros sites industriels ?
Pas uniquement. Des PME (froid, logistique, multi-sites, bureaux avec pilotage) peuvent y trouver un intérêt, surtout si elles peuvent décaler certaines consommations.
Les prix négatifs me font-ils “gagner de l’argent” ?
Les prix spot peuvent être négatifs, mais la formule (prime, coefficient) fait que le prix facturé reste souvent positif ou moins négatif. L’intérêt dépend du contrat et de votre consommation à ces moments.
Quel est le lien entre tarif dynamique et batterie / PV ?
Batterie et PV peuvent augmenter votre capacité de pilotage : autoconsommer quand c’est pertinent, stocker sur des creux, décharger sur des pics. L’optimisation se fait “contrat + technique”.
Comment PowerMango aide concrètement ?
On relit votre formule, on identifie la marge réelle, on compare des alternatives, et on met en face vos leviers (flexibilité, EMS, batterie, PV) pour une décision adaptée à votre activité.
Vous envisagez un tarif dynamique ? Décidez sur base du calcul réel
Le bon contrat dépend de votre formule, de votre profil de consommation, et de vos leviers de pilotage. Nous pouvons analyser votre situation et vous expliquer clairement les options.
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